LE
RHUM HAVANA CLUB, c’est le plaisir d’une INOUBLIABLE saveur,
le MYSTERE d’un goût INIMITABLE.
DON NAVARRO,
Maître Rhumier nous révèle cette MAGIE.
Don Navarro refuse de parler du rhum de façon abstraite. Alors,
face à son interlocuteur, il commence toujours par disposer sur
la table quelques bouteilles et des verres : il faut d’abord déguster.
C’est sa façon de dire que Havana Club, le ron cubano, est d'abord
une aventure sensorielle.
Ce solide cubain de cinquante-sept ans est aujourd’hui le plus
fameux maestro ronero de l’île. Le maître rhumier, c’est un peu
un alchimiste, un poète, un artiste : il détient le secret du
rhum et en élabore la formule qui reste secrète. Sans lui, il
ne peut y avoir de ron cubano, ni de Havana Club. Maître rhumier,
don Navarro l’est devenu au contact des anciens qu’il aime citer
: Mariano La Vine, Umberto Corona - aujourd’hui disparus - ou
Arturo Garcia. L’art du maître rhumier ne peut se transmettre
que d'une seule façon : de maître à l’élève, avec patience et
passion. Pourtant, don Navarro dit qu’il a eu une chance : celle
de posséder une « solide culture académique ». Ingénieur chimiste,
professeur d’université, il connaît tout du processus de fabrication
du rhum, « de la conception d’une usine jusqu’au produit fini
». Il est en quelque sorte le maître rhumier de ce temps, à la
fois scientifique et pétri du mystère de la tradition.
Don Navarro,
pourquoi dites-vous que le rhum n’est pas un concept qui peut
se transmettre intellectuellement ?
Parce que le rhum cubain est avant tout une
expérience qui relève de quelque chose de proche de la foi, qui
n’est pas un processus intellectuel, mais avant tout affaire de
rencontres, de connaissances personnelles qu’il faut actualiser.
Il en va de même de la rencontre avec le rhum cubain. Il ne peut
exister sans la communion qui existe avec le maître rhumier. Et,
pour que cette rencontre puisse se perpétuer, il nous faut toujours
conserver la mémoire du rhum et avoir à notre disposition des
rhums « de référence ». Ceux que j’utilise aujourd’hui datent
de 1978. Je suis en train de les actualiser. C’est très important,
car sans ce contact permanent avec la mémoire, le maître rhumier
est comme un arbre dont on aurait coupé les racines : il risque
de se dessécher.
Que vous
apporte au juste cette mémoire ?
Elle
nous apporte le rhum cubain. Et Havana Club est ce rhum cubain.
Ce n’est pas seulement un alcool élaboré et produit à Cuba : il
est élevé selon la tradition cubaine. Sans cette tradition, bien
que fabriqué sur notre sol, ce rhum ne serait pas un rhum cubain,
avec son arôme et son goût si caractéristiques, qui en font le
meilleur du monde. Ce rhum cubain ne peut naître que des profondeurs
des terres de Cuba, des «miels » de ses cannes à sucre, de son
eau et de sa microflore. Ce patrimoine existe toujours, car notre
pays n’a pas été détruit écologiquement. ICi, il n’y a pas de
variations brusques de température. Nous avons 16°C pendant quatre
ou cinq jours de l’année. Le reste du temps, la température et
l’humidité sont constantes. En plus, Havana Club naît de la méthode
cubaine d’élaboration : le vieillissement, très lent, est réalisé
dans des fûts de chêne blanc fabriqués il y a quatre ou quatre-vingts
ans. Les combinaisons, héritées du passé, sont également très
complexes. Quel assemblage faut-il pour obtenir le rhum cubain
? C’est la question que le Maestro ronero se pose en permanence.
Pour y répondre, il s’appuie sur ses références et sur la culture
rhumiére cubaine.
Cette
mémoire est avant tout sensorielle …
Oui, une expérience qu’aucun équipement de
dernière génération ne peut remplacer. Et cela, même si nous connaissons
parfaitement les constituants physico-chimiques de notre produit.
En fait, tout se passe à la pointe de la langue et dans l’arrière-bouche.
C’est au fond de la bouche que l’on sent toute l’évolution des
sensations : un véritable jardin d’arômes ! Le rhum cubain est
un arc-en-ciel de sensations, avec une variété infinie de saveurs.
Pour les reconnaître, il faut tout un entraînement. Il m’arrive,
par exemple, de refuser un excellent rhum simplement parce qu’il
pique un peu la langue ou qu’il possède pas tout à fait ces arômes.
Je demande alors qu’il soit de nouveau vieilli.
On est
tenté de faire une analogie avec cet autre produit cubain, le
cigare …
Bien sûr, le cigare, c’est le parfum de Cuba
; le rhum, sa saveur liquide. Notre rhum Havana Club est à la
fois doux et sec, fort et léger, jeune et plein de vitalité, vieux
et pétri de sagesse, café et cacao….. C’est un mélange, comme
Cuba, pays de métissage. Le rôle du maestro ronero est de faire
vivre cette culture, de la perpétuer. Il en est en quelque sorte
le dépositaire.
Ne pensez-vous
pas qu’il y a un risque que le marché bouscule, voire mette en
danger cette tradition ?
C’est
vrai que ce risque existe, avec la tentation d’augmenter la production
et de simplifier le produit. Certains consommateurs ne sont pas
disposés à payer le prix de la tradition. Mais je suis confiant.
Je crois que les hommes commencent à rechercher la qualité. Nous,
les maîtres rhumiers, sommes là pour préserver notre marque cubaine
de ce qui est artificiel, même si cela coûte plus cher. Préserver
la tradition, le respect du consommateur, tels sont nos objectifs.
Jusqu’à présent, nous y sommes parvenus.
Y a-t-il
une école pour devenir maître rhumier ?
Non. Il y a la rencontre entre les jeunes
et anciens. Ceux qui restent sont ceux qui deviennent amoureux
de cette culture, qui sont «apprivoisés » par la magie du rhum.
Vous savez, un homme ambitieux et
sans patience ne peut pas devenir maestro ronero.
Pour
faire ce métier, il faut être humble, c’est-à-dire capable de
reconnaître l’héritage des anciens et travailler avec modestie
pour les générations à venir. Le rhum n’admet pas de maître égoïste.
Ce que je fais aujourd’hui, je ne vais peut-être pas le récolter.
Il le sera par d’autres après moi. Je vais faire mon possible
pour qu’ils en cueillent les meilleurs fruits et pour cette culture
soit encore plus riche après moi. Le rhum est une école de vertu.
Vous comprendrez que faire du rhum hors de Cuba et en dehors de
la tradition constitue un non-sens.
Envoyé
spécial Entreprendre Patrick Coupechoux.